« La vitesse à 80 km/h : une des principales mesures écologiques […] On émet beaucoup moins à 80 », a déclaré cette semaine Emmanuel Macron depuis le Luxembourg. L’impact de cette mesure sur l’environnement serait en réalité dérisoire.

La limitation de la circulation routière à 80km/h serait écolo. C’est ce qu’a déclaré Emmanuel Macron jeudi lors d’un déplacement au Luxembourg, deux mois après la mise en place de la mesure : « La vitesse à 80 km/h en France, c’est sans doute l’une des principales mesures écologiques.

Personne ne la regarde comme ça, mais c’est la réalité! Tout le monde dit c’est terrible, c’est ennuyeux. Oui, mais la réalité, c’est qu’on émet beaucoup moins quand on est à 80. » Sauf que cet argument écologique, récemment apparu pour justifier l’abaissement de la vitesse autorisée sur les 400.000 kilomètres de routes secondaires, ne convainc pas les spécialistes.

Un gain de 0,17% sur le CO2 émis par le transport routier

La Sécurité routière affirme en effet que la mesure « pourra réduire de 30% les émissions de polluants ». Mais ce chiffre, issu d’une rapide estimation du cabinet de conseil Carbone 4, s’appuie sur les seules projections de carburant consommé. Or « de nombreux facteurs influent sur la réalité des émissions et des concentrations atmosphériques », ­rappelle l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) dans une étude parue en 2014.

État de la route, fluidité du trafic, mode de conduite… Ses propres analyses les plus optimistes, basées sur une diminution de la vitesse de 20 km/h sur les axes rapides (et non 10 km/h comme appliqué), prévoyaient une baisse d’émissions de 20% pour les oxydes d’azote et les particules fines, et jusqu’à 10% pour les gaz à effet de serre. « Mais les résultats, très dispersés, restent fortement dépendants des spécificités des axes et des outils d’évaluation utilisés. »

Dans une étude très fouillée parue en mars 2018, le Commissariat général au développement durable enterre définitivement l’argument écolo : « Des effets faibles sur l’environnement ont été estimés dans les scénarios.

La mise en place d’une telle mesure ne devra pas compter sur des bénéfices ou améliorations notables sur ce point. » Si une diminution de la vitesse sur autoroute aurait un impact significatif, ce ne sera pas le cas sur le réseau secondaire, les consommations des véhicules étant « déjà minimales pour des vitesses correspondant à ces réseaux routiers ». Le carburant économisé permettra « un gain modeste de CO2 de 0,21 million de tonnes par an », soit… 0,17 % des 122 millions de tonnes de CO2 émises par le transport routier en 2017.

Source : Le JDD

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