Assise sur 14 milliards de primes accumulées au fil des années, la mutuelle Covéa a décidé de les employer à des rachats plutôt qu’à des ristournes pour ses clients.

Thierry Derez est le très discret président de la non moins discrète mutuelle Covéa. Celle-là est assise sur 14 milliards de primes accumulées au fil des années (près de 1 milliard l’an dernier) par son groupe (MMA, GMF et Maaf), grâce à près de 11 millions de contrats auto et 8 millions de contrats habitation.

Derez s’est mis en tête de se payer le réassureur Scor pour 8,5 milliards. Il aurait pu rendre ces milliards aux assurés puisque «le code des mutuelles, comme celui des assurances, organise ce retour vers les sociétaires sous forme notamment de ristournes sur les primes des années suivantes», comme l’affirme Michel Crinetz, ancien contrôleur général des assurances.

L’équivalent de presque une année gratuite à l’ensemble des sociétaires

Dans le cas de Covéa, utiliser ces 14 milliards d’un seul coup permettrait d’offrir presque une année gratuite à l’ensemble des sociétaires. Ou, moins théorique, d’appliquer une ristourne de 8% en moyenne sur l’ensemble des contrats, et ce, de façon pérenne.

Encore faudrait-il que les sociétaires, dont théoriquement le conseil d’administration représente les intérêts, comme c’est la règle de gouvernance chez les mutualistes, soient interrogés sur cette option.

Déjà, ils ne l’avaient pas été quand Thierry Derez s’était mis en tête de s’offrir une grosse mutuelle belge pour occuper ses milliards et surtout ses «personnels qui s’ennuient ferme», selon une confidence rapportée.

Covéa n’est pas une exception. Interrogée sur les ristournes, l’autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, ACPR), dont le dernier rapport montre bien les immenses tas d’or sur lesquels sont assises les compagnies, a refusé de répondre aux questions de Marianne.

Impossible d’avoir un historique sur ces ristournes. Ni même de savoir si cela s’est déjà produit. Pourtant, «la protection de la clientèle» figure parmi les missions de l’ACPR.

Sans un improbable réveil de l’autorité et une encore moins probable reprise du pouvoir des sociétaires sur les organes de gouvernance des mutuelles, les Français continueront à raquer des primes d’assurance trop élevées.

Et d’être payés de mot en retour, comme «la préférence client», le nouveau slogan de MMA, le «Zéro bla-bla, zéro tracas» de la Maaf, en passant par l’«assurément humain» de la GMF.

Source : Marianne

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