Au niveau européen, la France se situe dans le palmarès en étant le troisième pays, après l’Allemagne et la Russie, en termes de fortune détenue par les milliardaires.

Les 40 milliardaires français possèdent au total 320 milliards de dollars. Leur fortune a grandi de presque 70 milliards de dollars entre 2016 et 2017. Bernard Arnault, à lui seul, a vu son patrimoine personnel augmenter de plus de 30 milliards de dollars. Il est désormais classé quatrième fortune mondiale par Forbes.

En 2017, la fortune des milliardaires a augmenté de 19 %, passant de 7 500 milliards de dollars à 8 900 milliards de dollars. Une concentration économique hors norme que se partagent les 2 158 milliardaires de la planète, au détriment du reste du monde.

8 900 milliards de dollars pour 2 158 personnes

Le dernier rapport UBS sur les milliardaires dans le monde révèle l’explosion de la fortune des plus riches répartis sur tout la planète : +19 % en un an pour atteindre le chiffre total record de 8 900 milliards de dollars. Tout comme leur fortune, le nombre de super riches a augmenté de 1 979 à 2 158, soit 179 personnes supplémentaires en un an. Ces différents individus n’ont cependant pas tous le même profil.

En 2017, ¼ des nouveaux milliardaires, soit 44 personnes, était des héritiers de grandes familles qui se sont réparti 189 milliards de dollars. Les autres nouveaux arrivants ont rejoint « le club » en créant des business ou en touchant l’augmentation de la valeur de leurs actifs.

A l’inverse de ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas le secteur des nouvelles technologies le plus porteur (hausse de 250 milliards en 2017), mais celui de la grande consommation et de la vente au détail (hausse de 360 milliards en 2017). La Chine est le plus grand pays « producteur de milliardaires » avec un rythme effréné de « deux nouveaux milliardaires chaque semaine » en 2017 ! UBS explique ce dynamise par la taille gigantesque de son marché interne, ainsi que par la création de valeur ajoutée et de nouvelles entreprises. Même s’ils sont moins nombreux, les milliardaires étasuniens ont en moyenne une plus grande fortune que leurs homologues chinois.

Ainsi, un milliardaire américain possède en moyenne 5,078 milliards de dollars, un Européen 4,108 milliards de dollars, et un Asiatique « seulement » 3,328 milliards de dollars.

Au niveau européen, la France se situe dans le palmarès en étant le troisième pays, après l’Allemagne et la Russie, en termes de fortune détenue par les milliardaires. Les 40 milliardaires français possèdent au total 320 milliards de dollars. Leur fortune a grandi de presque 70 milliards de dollars entre 2016 et 2017. Bernard Arnault, à lui seul, a vu son patrimoine personnel augmenter de plus de 30 milliards de dollars. Il est désormais classé quatrième fortune mondiale par Forbes.

Le coût social de cette fortune

Si le rapport UBS ne tarit pas d’éloges sur ces milliardaires qu’il décrit comme des « leaders innovants à l’avant-garde la quatrième révolution industrielle », cet accaparement des richesses se fait néanmoins au détriment du reste du monde.

Dans un rapport stupéfiant publié le 1er novembre, le chercheur spécialisé américain Chuck Collins précise ainsi que la fortune des trois hommes les plus riches des États-Unis est équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de la population du pays, 162 millions de personnes. Ces trois multimilliardaires sont Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, Bill Gates, Microsoft, et le financier Warren Buffet, des milliardaires de première génération. Encore plus frappant, la fortune des trois familles les plus riches des États-Unis a augmenté de 6 000 % en trente-cinq ans, tandis que le revenu médian américain diminuait de 3 % dans la même période.

Et l’accroissement des inégalités ne semble pas prêt de s’inverser au vu du classement mondial de l’engagement à la réduction des inégalités publié au mois d’Octobre par Oxfam France. Development Finance International (DFI) et Oxfam estiment que la crise des inégalités n’a rien d’inéluctable et que face à elle, les États ne sont pas démunis. Les inégalités sont une question de choix politiques, l’étude mesure donc les efforts déployés par les États dans trois domaines d’action : les dépenses sociales, la fiscalité et le droit du travail. Et la conclusion de cette étude est brutale : « aucun pays n’a de quoi pavoiser, même ceux en tête de peloton pourraient mieux faire ». Le rapport tire notamment la sonnette d’alarme sur la politique fiscale menée par le gouvernement français actuel.

« La suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et la création d’un impôt forfaitaire sur le capital, dans le cadre de la réforme fiscale de 2017 risque de faire chuter la France au classement dans les années à venir. Un rapport récent de la World Inequality Database indique que le taux d’imposition effectif des 10 % les plus riches en France a diminué en 2018 et pour la première fois depuis 1990. Cette réforme symbolise la nouvelle approche adoptée par la France en matière d’inégalités, où la politique fiscale n’a plus pour objectif de redistribuer les richesses et financer les services publics, mais plutôt d’attirer les investissements. »

Dans un tweet, Gaël Giraud, économiste pour l’Agence Française de Développement, rappelait que « la disparition des classes moyennes a été un symptôme de la proximité de l’effondrement de l’Empire romain d’Occident ». Inégalités marquées, attention danger.

Source : La relève et la peste

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