Chaque année grâce à la politique agricole commune, les agriculteurs français reçoivent 9 milliards d’euros de subventions de l’Europe. Nous avons découvert qu’ils ne sont pas les seuls. Des industriels et même des sociétés du CAC 40 en profitent aussi.

Nous avons récupéré la liste des bénéficiaires de la politique agricole commune pour l’année 2016. En tête, Lactalis, le géant des produits laitiers a reçu 21,5 millions d’euros pour stocker des excédents et soutenir les cours du lait. Puis figurent dans le classement des bénéficiaires, les principales coopératives agroalimentaires.

Plus surprenant, on trouve aussi dans le top 20 des bénéficiaires trois marques de champagne dont deux du groupe Pernod Ricard. Le champagne Mumm a par exemple reçu 4 millions d’euros de subventions. A quel titre ? La société Pernod Ricard nous a répondu par mail : « Les subventions Européennes sont perçues par Mumm dans le cadre d’un programme d’aide à la promotion du Champagne à l’exportation hors Union Européenne. »

Les aides européennes financent aussi généreusement des publicités à la télévision dans tous les secteurs de l’agriculture. Le centre national interprofessionnel de l’économie laitière a reçu 5,5 millions de subventions pour sa campagne de communication sur les appellations d’origine protégées. Des chèques pour la pub et le marketing, mais qu’en est-il des subventions aux petits producteurs ?

Dans le Lot, les aides européennes ont plus de mal à arriver que pour les spots publicitaires. Avec 60 hectares et une centaine de brebis, Adeline Garric et Olivier Joret, éleveurs de brebis dans l’agriculture biologique, comptent sur les subventions européennes pour se verser leurs salaires, 1000 euros à deux.

Problème, les aides sont très en retard. « On attendait 9 000 euros en 2015 et en fait on a eu 9 000 euros en douze fois jusqu’au mois de mars 2018. On a des retards de trésorerie énormes qui empêchent de payer des factures et de se tirer un revenu », nous explique Adeline Garric.

Aujourd’hui, il manque encore à Adeline et Olivier environ 3 000 euros d’aides pour la campagne de 2015, et autant pour 2016. A l’origine de ces retards, des défaillances de logiciels. Le fichier des parcelles agricoles (registre parcellaire graphique) utilisé par la France n’était pas à jour.

Le ministère de l’Agriculture le reconnaît : « La mise en œuvre de la campagne PAC 2015 a été retardée, du fait (…) de la révision complète du système d’information. L’objectif est désormais de solder les campagnes 2016 et 2017. »

A cause de ces défaillances, notamment informatiques, Bruxelles a retoqué en 2017, 721 millions d’euros d’aides agricoles. C’est donc la France qui a dû les payer à la place de l’Europe. La Cour des comptes publiera demain un rapport sur ces retards de paiement. Quant aux aides à la publicité et aux grands groupes agroalimentaires, que l’on se rassure, les aides ont bien été payées en temps et en heure.

Source : France Télévisions

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