Sur Twitter, le président américain a réagi aux incendies qui ravagent la Californie depuis plus de deux semaines, accusant les lois environnementales d’empêcher de combattre les flammes et appelant même à la déforestation.

Trump a encore frappé. Après avoir déclaré l’état de catastrophe naturelle et ordonné le déblocage d’une aide fédérale face aux incendies destructeurs dans le nord de la Californie, le président américain s’est empressé de donner son avis sur Twitter. « Les feux de forêt en Californie sont amplifiés et rendus bien pires par les loi environnementales mauvaises qui empêchent l’utilisation adéquate d’énormes quantités d’eau facilement accessibles. Elle est détournée vers l’océan Pacifique. Il faut aussi couper des arbres pour empêcher le feu de se répandre ! », affirme le milliardaire républicain dans un premier tweet, publié dimanche soir, puis supprimé ensuite, avant d’être republié lundi soir avec quelques corrections orthographiques, précise Paris Match.

Eau interdite et déforestation

Face au plus grand incendie de l’histoire de la Californie, Donald Trump a tout faux. Sceptique, il prétend que les efforts de protection de l’environnement empêchent les pompiers de combattre correctement les incendies. Contacté par le Time, le chef adjoint du Calfire, le service californien de lutte contre les incendies, rassure : « Nous avons plein d’eau pour combattre ces feux de forêt ». « C’est le changement climatique qui mène à des incendies plus intenses et destructeurs que nous voyons cette année », ajoute Scott McLean.

«Donald Trump ne sait clairement pas de quoi il parle.»

Appelés conjointement « incendie du Mendocino Complex », les deux brasiers qui touchent le Golden State ont déjà consumé au moins 114 850 hectares de terrain – une superficie proche de la taille de l’immense ville de Los Angeles – et ne sont maîtrisés qu’à 30% environ, a annoncé Calfire mardi matin. En l’espace d’une semaine en juillet, plus de 1 000 incendies se sont déclenchés en Californie, soit plus de trois fois plus que la moyenne de 250 ou 300 par semaine à ce moment de la saison, indique le service californien dans le Time. Avec des températures record dans plusieurs villes de l’État, les experts mettent en garde : la saison 2018 ne fera qu’empirer. Malgré cela, ni la sécheresse, ni les politiques de gestion de l’eau de la Californie n’ont empêché les pompiers d’utiliser toute l’eau dont ils ont besoin pour combattre les incendies de cette année.

Dans ce même tweet, celui qui a rejeté au nom des États-Unis l’accord de Paris sur le climat en 2017 appelle à « couper des arbres pour empêcher le feu de se répandre ». La dégradation des forêts, ces puits de carbone qui stockent le CO2, accentue le réchauffement climatique qui lui-même provoque la hausse des températures, la sécheresse et donc, de plus en plus d’incendies destructeurs.

Mais ici, Donald Trump a touché un débat sensible. Selon l’industrie du bois, l’amincissement des forêts – en enlevant certains arbres pour améliorer la santé des arbres restants et en diminuant les plantes et les broussailles – réduit le risque d’incendie. Face à ce constat, explique le New York Times, les Républicains au Congrès cherchent à assouplir les restrictions environnementales pour permettre plus d’amincissement, alors que les Démocrates et les environnementalistes soutiennent que cette pratique ouvrira la porte à une exploitation forestière commerciale accrue et menacera la faune.

«La Californie dépense des millions et des millions de dollars pour lutter contre le réchauffement climatique, alors que le gouvernement fédéral reste les bras croisés.»

LeRoy Westerling, un climatologue et professeur associé à l’Université de Californie à Merced, affirme que la déclaration de Trump touche une importante question, mais qu’il a, à tort, accusé le Golden State. L’Etat californien a en effet alloué plus de 256 millions de dollars cette année dans la lutte contre les risques d’incendie, bien que le financement fédéral ait été limité lors des négociations budgétaires, précise le journal new-yorkais. Cet argent provient d’une source que l’administration Trump trouve problématique : les revenus du programme californien pour réduire les gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030. « La Californie dépense des millions et des millions de dollars » pour lutter contre le réchauffement climatique, affirme le professeur, « alors que le gouvernement fédéral reste les bras croisés ».

Tweet mystérieux

Une autre partie de son tweet a suscité l’incompréhension des spécialistes, celle à propos de l’eau dérivée vers l’océan Pacifique. Dans un autre tweet, le président américain insiste sur cet élément, en ciblant directement le gouverneur démocrate de la Californie : « Le gouverneur Jerry Brown doit autoriser le libre écoulement des larges quantités d’eau en provenance du Nord qui sont stupidement détournées vers l’océan Pacifique. Elles pourraient être utilisées pour les feux, l’agriculture et tout le reste. Imaginez la Californie avec plein d’Eau – Sympa ! Autorisations rapides du gouvernement fédéral ».

Donald Trump « ne sait clairement pas de quoi il parle », affirme LeRoy Westerling, suggérant que le président américain a certainement confondu avec les lois de l’État sur la répartition de l’eau, et plus précisément aux restrictions controversées visant à protéger les habitats des poissons, y compris le saumon. La question de l’irrigation est un vieux débat en Californie. Les défenseurs de l’agriculture souhaitent que les cours d’eau soient plus intensément exploités, alors que les écologistes défendent les écosystèmes. Mais cette polémique a peu à voir avec la lutte contre les incendies, précise le New York Times qui a décodé les déclarations du président. Les législateurs républicains se plaignent que les gouvernements fédéral et étatique permettent à une trop grande partie des précipitations et de la fonte des neiges de couler naturellement dans les rivières et dans l’océan Pacifique, au lieu d’être détournées pour l’irrigation.

Contactée par le journal new-yorkais, la Maison Blanche n’a pas répondu à leur demande de clarification. Quant au gouverneur lui-même, il a simplement répondu : « Je n’en sais pas plus que vous ».

Source : Paris Match / BFM

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